Genève ville créative

Le blog de Sami Kanaan

  • Discours du 1er août 2020

    Discours du Maire, prononcé à l’occasion de la fête nationale organisée par la Ville de Genève – seul le prononcé fait foi

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    Madame la présidente du Conseil municipal (Albane Schlechten)

    Monsieur le Conseiller administratif , cher collègue, cher Alfonso,

    Madame la vice-présidente de la section genevoise de l’Association suisse des infirmières et infirmiers (Patricia Borrero)

    Mesdames et Messieurs les élu-e-s et représentant-e-s des autorités fédérales, cantonales et municipales vivant en Ville de Genève

    Chères habitantes et chers habitants de notre belle villede Genève

    Bienvenue à toutes et tous !

    [En dialecte alémanique]: à tous nos amis originaires de Suisse alémanique, j’adresse mes chaleureuses salutations et vous remercie de votre présence. Comme vous l’entendez, j’ai quelques origines alémaniques et c’est d’autant plus un plaisir de célébrer notre fête nationale avec vous. Mes origines multiples – alémaniques, extra-européennes et surtout romandes ! – sont un bon exemple de la belle diversité qui caractérise notre pays et notre ville.

    Cari amici ticinesi, siamo molto lieti di celebrare con voila nostra festa nazionale. Condividiamo elementi relativialla nostra cultura latina, che si esprime co bene neimomenti conviviali.

    Ladies and gentleman, I would like also to express my warmest welcome wishes to our international guests, reminding that Geneva is proud of being a very diverse and international city, and also aware of the responsibilities it gives to us. I wish you to spend a nice Swiss National Day!

     

    Je suis particulièrement heureux que nous puissions être réunis aujourd’hui pour commémorer ensemble la Fête nationale suisse, ici au cœur du Jardin botanique dont je salue le directeur Pierre-André Loizeau et ses équipes. Une Fête nationale dont on se souviendra à coup sûr comme celle de la lutte contre le coronavirus.

    Je tenais à ce que nous puissions malgré tout honorernotre tradition et rappeler ce qui nous unit, habitantes et habitants de toute la Suisse.

    Le 1er Août est un moment hautement symbolique. Une occasion de nous rappeler ce qui nous unit, la solidarité qui nous anime, l’entraide qui nous cimente. Ces valeurs qui sont cardinales dans notre société et que nous devons, plus que jamais, mettre en exergue dans la situation présente et, surtout, concrétiser sur le terrain, pour toutes et tous.

    C’est pour cette raison que j’ai proposé, cette année, à l’Association suisse des infirmières et infirmiers d’intervenir comme invitée d’honneur de la Ville de Genève, et je remercie sa section genevoise, représentée par Mme Patricia Borrero, d’avoir donné suite à cette invitation. Je tenais à rendre hommage à une des professions dont les compétences ont été et sont toujours vitales pour lutter contre la pandémie qui nous est tombée dessus. Ce n’est pas la seule, bien sûr, mais le fait qu’elle soit principalement féminine et basée sur le soin et l’attention aux autres en font un symbole, un emblème. Je pense aussi aux vendeuses des magasins de première nécessité, aux aides à domicile, au personnel de nettoyage, et à de nombreuses autres.Mais les infirmières et les infirmiers ont été en première ligne pour soulager, soigner, apporter confort et réconfort. Je veux ici les en remercier très sincèrement, en mon nom et au nom des autorités de la Ville de Genève, et insister sur la nécessité de valoriser enfin cette profession.

    Cette Fête nationale ne ressemble à aucune autre, parce que nous avons dû intégrer strictement les consignes sanitaires afin de nous protéger toutes et tous. C’est donc une fête épivardée que nous allons vivre, au cœur des quartiers de la ville. Une fête pour prouver que l’espace public, quand nous nous l’approprions pour en faire un lieu convivial, est un espace où l’on peut se sentir bien les uns avec les autres, en sécurité. Un lieu où l’échange et le dialogue s’épanouissent.

    Les arts de la rue que nous avons conviés pour vous émerveiller, vous faire rire, réfléchir ou même peut-être pleurer d’émotion, incarnent cet esprit festif et rassembleur que nous espérons voir se répandre dans les parcs et sur les places aujourd’hui.

    Dans les années 80, nous avons subitement dû nous plier à l’impératif de l’amour safe, quand le sida s’est répandu et a frappé si injustement, si brutalement. Aujourd’hui, nous allons devoir inventer la fête safe.Toutes les questions qui se sont posées à l’époque, les angoisses et les discriminations contre lesquelles la société a dû mobiliser ses forces et ses ressources, sont de retour.

    Nous traversons une période instable, inconfortable, dangereuse même sous certains aspects. Les conséquences de cette pandémie ne sont pas seulement sanitaires, elles sont économiques, sociales, politiques, humaines, et elles vont durer. Aujourd’hui, c’est en veillant à rester solidaires les uns des autresque nous pourrons continuer notre route, construire notre avenir. C’est en appliquant ce qui fait la force de notre pays, notre capacité à travailler ensemble, notre recherche du compromis, notre ouverture et notre tradition d’accueil et d’attention aux plus faibles, quenous pourrons nous réinventer et faire face aux défis d’aujourd’hui et demain, la pandémie bien sûr, mais aussi l’urgence climatique ou la montée des inégalités.

    Je tiens à remercier les artistes qui jouent aujourd’hui, pour vous. Celles et ceux qui font vivre les arts et la culture ont été extrêmement fragilisés avec cette crise, étant le premier domaine qui a subi de fortes restrictions, et qui sera probablement le dernier à en sortir complètement. Ils ont clairement besoin d’un soutien fort et affirmé des collectivités publiques, afin de préserver ce savoir-faire. Je salue la force et la créativité qui leur permettent d’inventer des univers nouveaux, de nous montrer que le monde auquel nous aspirons est possible. Que ce quotidien qui change sans cesse peut être apprivoisé. Comme le disait Samuel Beckett, « il n’y a que l’éphémérité qui dure ».

    Je remercie également Stéphanie Gautier et Antoine Frammery qui ont relevé le défi de vous proposer, en un temps record, une programmation COVID compatible bien sûr, adaptée à tous les âges. Une programmation qui n’a rien de lisse ou de consensuelle, vous l’avez peut-être déjà expérimentée cet après-midi.

    Un grand merci encore à toutes celles et tous ceux qui ont pris part à l’organisation et enfin, bien sûr, à vous toutes et tous qui êtes là aujourd’hui.

    Je vous souhaite un très bon 1er Août !

    Vive Genève, vive la Suisse !

  • (re)tisser les fils de notre vivre-ensemble

    Le printemps aura été marqué par le confinement dû à la crise sanitaire. Avec l’été, les activités redémarrent progressivement, mais le domaine culturel reste durement touché. De nombreux festivals ont été annulés, de même que bien d’autres événements. Pour les artistes, mais aussi le personnel actif dans la technique ou toutes celles et tous ceux qui rendent possible la magie de la culture, l’avenir est pour le moins incertain et le présent toujours difficile.

    Divers soutiens exceptionnels ont été débloqués par les collectivités publiques, ainsi que la garantie de toutes les subventions publiques au domaine. Mais ça ne suffira pas. J’ai donc souhaité réaffecter une partie des budgets non-utilisés pour lancer un appel à projet, d’une part, et mandater l’équipe de la Fête de la musique, d’autre part, pour programmer 50 concerts qui ponctueront les soirées estivales du lundi au vendredi, dans différents lieux de la Ville. Des propositions que vous trouverez réunies dès le 1er juillet sur l’app et le site www.geneveenete.ch .

    Car au-delà des aides, les artistes ont besoin d’exercer leur profession. Et le public de se retrouver face à un concert, un spectacle ou une exposition. Pas via un écran, mais pour de vrai.

    Nous devons retisser les fils de notre vive-ensemble et cette offre estivale devrait y participer. Elle n’a pas la prétention de résoudre tous les problèmes. L’effort doit être collectif et se poursuivre, en témoigne l’action « Alerte rouge pour la culture » d’hier soir. Ces moyens mis pour la culture ne sont pas de la charité, mais un investissement pour le domaine culturel. Un investissement qui servira à préserver les compétences extraordinaires dont recèle notre région en la matière. Un investissement social, solidaire et responsable, pour notre qualité de vie et pour notre vivre-ensemble.

    Alerte Rouge - Grand théâtre de Genève

  • Texte de positionnement des magistrat.e.s PS des communes genevoises

    Soutien à l’économie locale, à la transition écologique et aux populations les plus précaires

    Alors que Genève fait probablement face à la pire récession connue depuis les années 1930, les autorités cantonales annoncent un plan d’austérité d’une ampleur sans précédent. Cette politique profondément anachronique renforce le risque d’une crise économique et sociale durable qui détruira les emplois, anéantira nos PME et aggravera la situation des plus fragiles.

    Pourtant, l’Etat n’a pas hésité à s’endetter de près de 3 milliards pour sauver la banque cantonale genevoise alors que les taux d’intérêts avoisinaient les 4% dans les années 2000. Alors que le PIB genevois a quasiment doublé en 20 ans pour dépasser désormais les 100’000 francs/habitant.e.s et que les taux d’intérêts sont devenus nuls ou négatifs, la droite cherche à réduire la dette par tous les moyens en pleine urgence écologique et sociale.

    A l’ère des taux négatifs, le débat classique qui oppose hausse d’impôts et baisse des dépenses publiques n’est pas d’actualité. Dans ce contexte, tout en maintenant une gestion prudente et raisonnable, les pouvoirs publics devraient stimuler l’activité avec la dette qui, exprimée en pourcentage du PIB, sera mécaniquement réduite une fois la croissance retrouvée. C’est la manière la plus pragmatique de fonctionner aujourd’hui : le secteur public a un rôle anticyclique naturel à jouer en soutenant l’investissement dans la transition écologique, en favorisant la consommation dans l’économique locale et en protégeant les populations plus précaires.

    A l’aube d’une crise économique et sociale sans précédent (l’économie genevoise devrait se contracter de plus de 6% en 2020), le plan d’austérité annoncé par la conseillère d’Etat en charge des finances va aggraver la crise économique, accroître le taux chômage et couper dans les prestations publiques. C’est à la fois irresponsable et contraire aux chemins suivis par nos voisins. Par exemple, l’Allemagne pourtant connue pour sa rigueur budgétaire, et pays autrement plus endetté que la Confédération et le canton de Genève, a présenté début juin un plan de relance qui engage, en tout, jusqu’à 1230 milliards d’euros, soit plus de 15’000 € par habitant.e.s.

    Le canton ne peut pas faire comme si la crise sanitaire de ce printemps et ses conséquences n’existent pas. Les seuils de déficits et les mécanismes de gestion financière conjoncturelle inscrits dans la loi sur la gestion administrative et financière ne sont plus adaptés à l’ère post-COVID-19.

    Il est urgent que le gouvernement cantonal se montre à la hauteur de la situation afin d’éviter une catastrophe économique et sociale qu’annonce cette politique d’austérité, et de renoncer à un report massif des charges cantonales sur les communes, sans quoi ces dernières se retrouvent seules à devoir porter le soutien à l’économie locale, à la transition écologique et aux plus précaires. (le plan financier quadriennal du Conseil d’Etat prévoit un report de 90 millions dont 20 millions en 2021).

    Nous, Magistrat.e.s socialistes communaux, nous nous engageons à défendre des budgets responsables, solidaires et à la hauteur de l’effort public nécessaire à enrayer la crise.

    Nous appelons les député-e-s de tout bord à suspendre le frein à l’endettement et au déficit cantonal afin de sortir de cette impasse et donner à notre canton la possibilité de développer des prestations de qualité pour répondre aux besoins de la population, et de ne pas annuler les efforts budgétaires communaux.

     

    Guylaine Antille, Conseillère administrative PS

    Jean-Luc Boesiger, Conseiller administratif PS

    Skander Chahlaoui, Adjoint au Maire PS

    Ornella Enhas, Conseillère administrative PS

    Elisabeth Gabus-Thorens, Conseillère administrative PS

    Sami Kanaan, Conseiller administratif PS

    Carole-Anne Kast, Conseillère administrative PS

    Christina Kitsos, Conseillère administrative PS

    Stéphanie Lammar, Conseillère administrative PS

    Nathalie Leuenberger, Conseillère administrative PS

    Salima Moyard, Conseillère administrative PS

    Michel Pomatto, Conseiller administratif PS

    Martin Staub, Conseiller administratif PS

     

     

  • Un engagement solidaire et responsable, aujourd’hui et demain

    Par Sami Kanaan, Frédérique Perler, Christina Kitsos et Alfonso Gomez, candidat·e·s Socialistes et Vert·e·s au Conseil administratif

    La période de crise extraordinaire que nous vivons actuellement sur les plans sanitaire, humain, social et économique marquera inévitablement un changement historique. La facture sociale et économique est d’ores et déjà colossale. Nous devons, dès aujourd’hui, tout faire pour l’alléger et des premières mesures ont été prises rapidement par les collectivités publiques aux niveaux fédéral, cantonal et municipal. Cet effort collectif devra aussi être l’occasion d’effectuer un bilan lucide de cette crise et de repenser nos priorités.

    Notre capacité de résilience ne dépendra pas seulement de la force de notre solidarité et de notre discipline collective, mais de celles et ceux qui sont au front. Elles et ils se donnent sans relâche pour prendre soin de nous toutes et tous, et pour permettre à la collectivité de continuer à répondre aux besoins vitaux.

    Nous pouvons, et devons, applaudir haut et fort leur engagement. En tant qu’élu·e·s, notre devoir de reconnaissance doit aller bien au-delà. Nous savons à quel point le service public, tout le réseau associatif et les professions féminines sous-payées sont aux premières loges pour faire face à une crise exceptionnelle dans toutes ses dimensions, et pour tenter d’en atténuer ses effets sur toute la population. Après la crise, il sera crucial de relancer de manière équitable, solidaire et durable notre vie collective, en mettant en place des solidarités qui préservent à la fois les êtres humains et notre environnement. En effet, nous vivons déjà depuis de longues années des éléments d’une crise majeure et permanente, due aux excès de l’ultralibéralisme, d’une globalisation effrénée et incontrôlée : urgence climatique, crises économiques, inégalités croissantes, conflits larvés ou déclarés, etc.

    Ce virus accentue les différences sociales et les inégalités. Les ressources pour y faire face ne sont clairement pas réparties de manière équitable. Par exemple, les personnes ayants des lieux d’habitations peu adaptés, partageant peu de pièces à plusieurs, vivent dans des conditions plus difficiles. Comment feront les enfants des familles n’ayant pas les moyens matériels et pédagogiques pour aider leurs enfants pour le suivi scolaire en période de confinement ? Comment feront les personnes isolées ? Comment feront les familles monoparentales pour assurer le télétravail, les courses et les devoirs ? Comment éviter une croissance de la violence domestique et la maltraitance juvénile ? Comment éviter une stigmatisation des jeunes et des aîné·e·s ?

    Et, paradoxalement, certains gouvernements « profitent » de cette période d’état d’urgence pour instaurer des lois d’exceptions, des outils de surveillance généralisée, des restrictions des libertés individuelles, justifiables peut-être, en partie, à court terme mais certainement pas au-delà.

    C’est pourquoi nous tenons à réaffirmer nos valeurs qui fondent le Parti socialiste et les Vert e·s., valeurs plus que jamais d’actualité en ces temps de crise :

    • la promotion d’un service public fort et efficace, doté de moyens en adéquation avec les tâches qu’il doit assumer avec un personnel suffisant ;
    • le soutien au tissu associatif, qui joue un rôle essentiel, complémentaire au service public en matière de solidarité et d’inclusion ;
    • une réelle amélioration des bas revenus et des conditions de travail des branches précarisées, notamment à travers l’instauration d’un salaire minimum ;
    • la collectivisation, en tout temps, aussi bien des pertes que des bénéfices des grandes entreprises ;
    • le soutien à l’économie locale (par exemple à l’agriculture contractuelle de proximité, et la mise en place de circuits de production plus courts, constatant qu’ils sont aujourd’hui trop globalisés) ;
    • une société durable et solidaire.

    A ce jour, nous nous engageons résolument sur les axes suivants :

    A court terme :

    • Pour les travailleuses et travailleurs des secteurs public et privé qui doivent rester au front, en très grande majorité des femmes, souvent à bas revenus, dont nous dépendons fortement en cette période de crise ; elles et ils doivent voir leurs conditions de travail et leur protection améliorées substantiellement, et de manière durable ;
    • Pour les familles et les ménages en général, incluant les seniors, les jeunes en difficulté, les migrant·e·s récemment arrivé·e·s, les personnes en situation de handicap, les personnes vulnérables, etc., afin qu’elles et ils bénéficient de mesures de soutien effectif, en appui ou en complément aux solidarités naturelles, afin que personne ne reste au bord du chemin (un domaine où l’échelon municipal est en première ligne !) ;
    • Pour les victimes de violences domestiques et de maltraitances, dont l’exigence de confinement exacerbe les risques, par un renforcement des outils de détection et d’intervention ;
    • Pour le maintien du dispositif dédié aux sans-abri ;
    • Pour un rétablissement rapide, dès que possible, du plein exercice des droits démocratiques et du fonctionnement des instances parlementaires.

    A plus long terme :

    • Pour la mise en œuvre aussi large que possible de mesures de relance et d’appui des entreprises de proximité, des entreprises sociales et solidaires, des entreprises non polluantes et responsables socialement et cela sur la base des décisions déjà annoncées par les autorités fédérales, cantonales et municipales ;
    • A revoir, à la lumière du bilan de cette crise, notre préparation effective et notre anticipation des potentielles crises à venir, en termes de santé publique, d’équipements, de dépendance aux chaînes d’approvisionnement à l’étranger, de formation de personnels locaux en suffisance, etc. ;
    • Pour une révision, sur la base de ce bilan, de la manière dont les richesses sont générées, captées et redistribuées, afin que le travail ne doive pas encore et toujours porter seul la charge de l’effort collectif face au capital, aussi en tenant compte de la numérisation accrue des flux de production et de prestations que cette crise va générer, et son impact sur l’emploi ;
    • Pour une réforme durable du système de santé, vers une caisse maladie publique unique ;
    • Pour une accélération rapide du développement des outils numériques au service de l’intérêt général, sur une base transparente, éthique, sécurisée, équitable et démocratique ;
    • Pour la mise en place sans délais d’un plan climat en Ville de Genève qui permettra de faire face aux futurs défis que ne manqueront pas de provoquer les changements climatiques.

    D’une manière générale, nous nous engageons, au-delà de cette crise sanitaire et de ses conséquences, à rappeler que l’urgence climatique et les inégalités sociales restent au cœur de nos préoccupations, en vue d’un monde plus juste, solidaire et durable, auquel les collectivités locales peuvent très activement contribuer.

    Prenez soin de vous et de vos proches, et respectez les consignes : sortez le moins possible ! Et gardons pleinement notre soutien et nos pensées pour celles et ceux qui doivent travailler : personnel soignant et médical, pharmacies, alimentation, logistique, sécurité, nettoyage, poste, conciergeries, etc.

  • Ensemble nous sommes plus fort.e.s !

    La grave crise sanitaire qui nous met toutes et tous à rude épreuve transforme radicalement notre quotidien, nos fonctionnements ainsi que ce que l’on croyait être des acquis individuels et collectifs, aussi bien dans notre vie privée que dans nos engagements professionnel ou politique. Cette crise exige de chacune et de chacun de s’engager pour la collectivité selon ses compétences et ses ressources ; d’autant plus quand on est élu municipal.

    Évidemment, il faut d’abord et toujours honorer le travail de toutes celles et tous ceux qui sont au front ; le personnel soignant et sanitaire au sens large, y compris dans les pharmacies, mais aussi le personnel dans les magasins alimentaires et les autres secteurs nécessaires, ceux dans la logistique, la sécurité publique et privée, les transports, la poste, la voirie et le nettoyage, etc. Ces personnes n’ont d’ailleurs pas toujours des conditions adéquates de protection face à ce virus. Les employeurs privés doivent absolument prendre leurs responsabilités et renforcer leurs efforts en la matière ! Enfin, je pense qu’il faut prêter une attention particulière à celles et ceux – y compris les indépendant.e.s ou les employé.e.s précaires – dont le revenu chute brutalement en cette période.

    Une crise qui exacerbe les inégalités

    Comme toujours, les villes sont aux premières loges du quotidien de la population. Les règles générales ne se décident pas au niveau des communes, même pour les grandes villes; elles relèvent de la responsabilité de la Confédération, en cette période d’état d’urgence, et subsidiairement des cantons. Mais nous, à Genève comme dans les autres villes suisses, devons autant que possible adapter vite et bien notre fonctionnement pour répondre aux besoins vitaux de la population en milieu urbain.

    Face à cette crise, encore plus qu’en période « normale », les conditions de travail et de confinement ne sont pas les mêmes pour tous et toutes. Lorsque l’on demande à la population de rester chez soi, une partie d’entre nous peut le faire mais pas tou.te.s ; une partie a plus d’espace ou de ressources que d’autres. Ces situations renforcent les inégalités déjà existantes ; je pense ici aux parents qui doivent faire du télétravail tout en s’occupant de leurs enfants, ou aux personnes vulnérables ou en situation précaire, que ce soit celles à faible revenu, les familles monoparentales, les sans-abri, les migrant.e.s récemment arrivé.e.s, les travailleuses et travailleurs sans engagement fixe ou sur appel, les personnes âgées seules, les personnes en situation de handicap, les personnes qui ont déjà des problèmes de santé… bref, toutes celles et tous ceux qui ont besoin de soutien. Et certaines statistiques montrent que le télétravail est accessible pour 60% des personnes à haut revenu contre seulement 9% des personnes à bas revenu, dont le métier impose une présence physique sur le lieu de travail.

    Solidarité et responsabilité des collectivités publiques

    Heureusement, de nombreuses solidarités naturelles se sont mises en place, dans les immeubles, dans les quartiers, via les ascenseurs ou les réseaux sociaux, etc. Le rôle d’une ville comme la nôtre doit être de soutenir et compléter ces actions autant que possible, et de veiller à ce que personne ne reste au bord du chemin. En ma qualité de membre de l’exécutif de la Ville, avec mes quatre collègues, nous sommes évidemment « sur le pont » depuis fin février, avec les collaboratrices et collaborateurs de la municipalité, pour répondre à ces besoins prioritaires.

    Sur mandat du Conseil administratif, tous les services de l’administration ont établi des « plans de continuité d’activité » afin de se concentrer sur les missions vitales, en tenant compte des priorités actuelles et des absences dues aux maladies ou au soutien de proches de personnes malades ou vulnérables.

    Du côté de la culture et du sport, tous les événements ont dû être annulés pour des raisons légales afin d’éviter les rassemblements. Mais cet arrêt brutal d’activités a un important coût humain et financier. Dans le département que je préside, mes équipes et moi avons agi rapidement pour accompagner cette suspension d’activités aussi bien dans les théâtres, les salles de sports et les musées, et autres festivals et évènements. Cela a impliqué des arbitrages politiques, notamment sur le maintien des subventions et des commandes, afin de préserver l’existence même du tissu culturel et sportif qui se montre encore plus créatif que jamais. Les questions sont nombreuses, car nous ne savons pas combien de temps cela va durer. Il faudra ensuite être capable de redémarrer vite et bien : l’action culturelle et sportive sera d’autant plus essentielle à ce moment, même si, aujourd’hui, cela paraît abstrait. J’ai souhaité entamer aussi sans attendre une réflexion sur les actions possibles dans ce contexte, comme renforcer l’offre des bibliothèques en ligne ou via livraison, développer l’offre culturelle en ligne comme évoqué au 19h30 de la RTS ce lundi soir, en fédérant de nombreux musées, festivals, scènes culturelles, autour du hashtag #CultureChezVous.

    Un grand merci à la fonction publique municipale

    Sur le plan municipal, l’enjeu est surtout de donner aux missions essentielles de la municipalité toutes les ressources dont elles ont besoin, notamment dans le domaine de l’action sociale au sens large : service minimal de garde dans la petite enfance et le parascolaire, accueil d’urgence (sans-abri et autres), plan communal de solidarité (par exemple pour les personnes seules et vulnérables, etc.). Ceci peut signifier des réaffectations temporaires de personnel municipal à des tâches indispensables, mais autres que celles exercées en temps normal, tout en préservant bien sûr leur santé et en limitant les risques au maximum. Ce dispositif se met en place ces jours, de même que l’alignement de toutes les ressources de communication au service de ces missions essentielles, des éléments de la chaîne logistique, ou des ressources informatiques (notamment pour le télétravail). Je rends hommage au personnel municipal qui est à pied d’œuvre dans cette période !

    Depuis le déclenchement du dispositif municipal de gestion de crise, le Conseil administratif s’est d’ailleurs réuni fréquemment et demeure en contact permanent pour transposer les instructions fédérales et cantonales au fur et à mesure, mais aussi pour agir en tant que collectivité publique (protection du personnel et des usager.e.s, mesures de soutien à l’économie, mesures sociales auprès des plus précarisé.e.s, mais aussi découlant du confinement, mesures de soutien aux entités subventionnées, mesures de soutien aux parents pour les crèches, informations sur l’adaptation des prestations municipales, etc.). Ce travail doit se faire avec les associations et autres institutions auxquelles je rends aussi hommage.

    Ensemble pour un engagement créatif et pragmatique

    Cette période demande un engagement particulier, à la fois intensif, créatif, humble et pragmatique ! Et il faudra rapidement anticiper l’après-crise, car la facture humaine, sociale et économique sera colossale. Par ailleurs, il faudra en tirer aussi les conséquences sur le plan politique, concernant l’importance du service public et du tissu associatif, les revers de la globalisation, la répartition des ressources et la gestion des inégalités, la nécessité d’utiliser les technologies numériques à bon escient, ainsi que de la capacité à mieux anticiper les crises, qu’elles soient sociales, économiques, climatiques ou sanitaires.

    En attendant, comme le martelait le Conseiller fédéral Alain Berset sur Instagram, Facebook et Twitter : restez chez vous le plus possible ! Ensemble nous devons tout entreprendre pour vaincre cette pandémie ! Ensemble nous sommes plus fort.e.s !

Sami Kanaan est ancien Maire de Genève et a siégé 14 ans comme Conseiller administratif (membre de l’Exécutif de la Ville de Genève) en charge du Département de la culture et du sport, puis de la culture et de la transition numérique; il préside la Commission fédérale pour l’enfance et la jeunesse.
Auparavant il a siégé comme Conseiller municipal puis comme député au Grand Conseil; il a présidé l’ATE Genève et le Groupe sida Genève, et a fait partie des Conseils d’administration de la BCGE puis des TPG.

suite…

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